ESRS E4 : COMMENT MESURER ET PILOTER CONCRÈTEMENT LA BIODIVERSITÉ DE SES SITES ?

Je suis responsable RSE ou HSE au sein d’une entreprise soumise au reporting extra-financier.
Chaque année, je dois consolider un nombre croissant de données environnementales, structurer notre réponse aux enjeux de durabilité et rendre compte de notre performance conformément aux différentes exigences de la CSRD, notamment sur les volets environnementaux.
Sur une bonne partie des sujets, l’exercice est maintenant relativement bien balisé.
Les données ne sont pas toujours simples à récupérer, surtout dans une organisation multi-sites, mais je sais globalement quoi mesurer, dans quelle unité et comment suivre son évolution dans le temps. Jusqu’ici, tout va plutôt bien.
Puis j’arrive à ESRS E4 : Biodiversité et écosystèmes, et l’exercice change de nature…

COMMENT MESURE-T-ON LA BIODIVERSITÉ D’UN SITE ?
Dois-je réaliser un inventaire des espèces présentes sur site ? Mesurer la surface végétalisée ? Estimer la qualité des habitats ? Étudier la fragmentation de mon site ? Cartographier les continuités écologiques ? Rendre compte des pressions liées aux infrastructures, à l’éclairage ou à l’artificialisation ? Quels indicateurs puis-je finalement présenter dans un tableau de bord à destination de ma direction ?
La question devient encore plus complexe lorsque mon entreprise possède non pas un site, mais plusieurs dizaines ou plusieurs centaines d’implantations réparties en France, en Europe ou dans le monde, auxquelles peuvent s’ajouter les sites de fournisseurs ou de sous-traitants intégrés à ma chaîne de valeur.
- Comment appliquer une méthode comparable à tous ces sites ?
- Comment identifier ceux qui présentent les enjeux les plus importants ?
- Comment savoir où agir en priorité ?
- Et comment démontrer, quelques années plus tard, que les actions engagées ont réellement amélioré la situation ?
C’est précisément à ces questions que la norme ESRS E4 demande aux entreprises concernées d’apporter une réponse structurée lorsque la biodiversité constitue un enjeu matériel.
MAIS QUE DEMANDE RÉELLEMENT ESRS E4 ?
Concrètement, ESRS E4 est structurée autour de cinq grandes exigences de publication :

Présentées dans cet ordre, ces exigences peuvent laisser penser qu’il faut commencer par élaborer une stratégie, définir des actions puis mesurer leurs résultats.
Dans la pratique, pour un responsable RSE ou HSE comme moi, la logique opérationnelle est plutôt inverse.
Avant de définir une stratégie biodiversité, il faut commencer par savoir d’où l’on part. Il faut établir un état initial suffisamment objectif pour identifier les enjeux, hiérarchiser les priorités et disposer de valeurs de référence.
La logique devient alors :

Pour définir une stratégie biodiversité, encore faut-il donc disposer au départ d’une mesure objective, homogène et reproductible, capable d’être appliquée selon la même logique à quelques sites comme à plusieurs centaines d’implantations réparties en France, en Europe ou dans le monde.
Et c’est précisément là que le sujet devient complexe.
QUELLES SOLUTIONS EXISTENT AUJOURD’HUI POUR MESURER LA BIODIVERSITÉ ?
À ce stade, je ne pars heureusement pas de zéro. Plusieurs méthodes existent déjà pour caractériser la biodiversité d’un site. Certaines sont très précises localement, d’autres permettent d’avoir une vision plus large du territoire. Certaines mesurent directement les espèces présentes, d’autres décrivent plutôt les habitats, les pressions ou le fonctionnement écologique du paysage. Le problème est donc moins l’absence de solutions que leur capacité à répondre simultanément à mes besoins de responsable RSE/HSE : mesurer, comparer, prioriser et suivre dans le temps plusieurs sites avec une méthode homogène.
LES INVENTAIRES NATURALISTES : la référence pour connaître précisément les espèces

La première solution pour mesurer la biodiversité d’un site est naturellement de faire appel à des écologues et à des naturalistes. Les inventaires de terrain permettent d’observer directement le vivant et de produire des KPI pertinents : richesse spécifique, abondance, présence d’espèces protégées ou patrimoniales, indices de diversité ou état de conservation des habitats. Autrement dit, les inventaires naturalistes permettent bien de produire des KPI biodiversité.
Leur principal avantage est leur finesse : ils permettent d’identifier précisément les espèces présentes, leurs habitats et des enjeux locaux qu’une analyse à distance ne détecte pas toujours. La difficulté apparaît lorsqu’on cherche à transformer ces données en un véritable outil de pilotage RSE, notamment dans une entreprise multi-sites. Pour comparer ces indicateurs dans le temps ou entre plusieurs sites, il faut toutefois conserver des conditions d’observation proches : mêmes protocoles, groupes d’espèces, effort de prospection et périodes d’observation. Un site où 60 espèces ont été observées n’est donc pas nécessairement « plus riche » qu’un site où 40 espèces ont été recensées si les deux inventaires n’ont pas été réalisés selon les mêmes modalités. Observer 35 espèces une année contre 42 l’année précédente ne signifie pas non plus automatiquement une dégradation : saison, météo, nombre de passages ou détectabilité peuvent faire varier le résultat.
La limite n’est donc pas la qualité de l’information produite, mais sa capacité à être standardisée, reproduite et comparée à grande échelle.
À l’échelle de dizaines ou de centaines de sites, parfois répartis dans plusieurs pays, répéter régulièrement des inventaires complets selon un protocole identique devient complexe en termes de coût, d’organisation et de disponibilité des experts. Les inventaires naturalistes restent néanmoins indispensables dès qu’une connaissance fine des espèces et des habitats est nécessaire.
L’enjeu est plutôt de les intégrer dans une démarche plus large :
- disposer d’une première lecture homogène de l’ensemble des sites, puis concentrer les investigations naturalistes approfondies sur les sites et secteurs où elles apportent le plus de valeur.
- C’est cette complémentarité entre mesure standardisée à grande échelle et expertise naturaliste de terrain qui permet de construire un suivi biodiversité réellement exploitable dans une stratégie RSE.
LES ABEILLES COMME BIO-INDICATEURS : l’exemple BeeOdiversity

Une autre approche consiste à utiliser les abeilles comme capteurs naturels du territoire.
C’est notamment le principe du BeeOmonitoring développé par BeeOdiversity. En butinant, les abeilles collectent du pollen sur un territoire pouvant atteindre environ 700 hectares. L’analyse génétique du pollen par ADN et métabarcoding permet ensuite d’identifier les espèces végétales présentes et de produire des indicateurs qualitatifs et quantitatifs de biodiversité. La méthode permet également de suivre certains polluants agricoles ou industriels.
Cette approche présente un réel intérêt dans le cadre d’un suivi RSE : les prélèvements peuvent être répétés dans le temps, comparés entre campagnes et utilisés pour suivre l’évolution de la biodiversité ainsi que les effets des actions engagées. BeeOdiversity associe d’ailleurs ces résultats à des recommandations de gestion et à un plan de suivi.
Le BeeOmonitoring fournit ainsi des KPI particulièrement intéressants sur la diversité végétale accessible aux abeilles et sur son évolution dans le temps.
Il convient toutefois de bien définir ce que ces indicateurs permettent de caractériser.
D’abord, l’abeille butine sur un territoire beaucoup plus large que l’emprise d’un site industriel. Les espèces végétales détectées peuvent donc se situer aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du périmètre étudié. Un site relativement artificialisé ou fragmentant peut ainsi bénéficier, dans les résultats observés, de la richesse écologique des milieux naturels qui l’entourent.
Le dispositif de mesure peut également interagir avec l’écosystème observé. L’installation de ruches introduit ou augmente localement la densité d’abeilles domestiques, qui exploitent les mêmes ressources florales que de nombreux pollinisateurs sauvages. Lorsque la densité de ruches est importante au regard des ressources disponibles, une compétition pour le nectar et le pollen peut apparaître. Des interactions sanitaires entre pollinisateurs domestiques et sauvages sont également documentées. Dans certaines configurations, le dispositif utilisé pour observer la biodiversité peut donc lui-même influencer une partie de l’écosystème étudié.
Enfin, cette approche ne renseigne pas directement sur l’ensemble de la biodiversité faunistique ni sur le rôle du site dans le fonctionnement écologique du paysage : continuités écologiques, fragmentation, artificialisation ou obstacles aux déplacements des espèces.
L’enjeu n’est donc pas la qualité de l’information produite, qui peut être particulièrement riche, mais son périmètre d’interprétation. Le BeeOmonitoring constitue un outil pertinent pour suivre certains indicateurs de biodiversité végétale et leur évolution, à compléter par d’autres approches lorsqu’il s’agit de caractériser spécifiquement l’état écologique d’un site et son insertion dans le paysage.
L’ADN ENVIRONNEMENTAL ET LES CAPTEURS AUTOMATIQUES : DÉTECTER DIRECTEMENT LE VIVANT

Une autre approche consiste à détecter directement la présence d’espèces grâce aux traces qu’elles laissent dans leur environnement ou aux signaux qu’elles émettent. C’est notamment le cas de l’ADN environnemental (ADNe), mais aussi de solutions de biomonitoring automatisé comme celles développées par Veolia. Elles permettent de produire des KPI très concrets : présence d’espèces, richesse détectée, fréquence d’observation ou évolution dans le temps. Leur grand avantage est de fournir une mesure directement liée au vivant, avec la possibilité de répéter les observations et de construire de véritables séries temporelles.
La limite se situe ailleurs : ces données renseignent très bien sur la présence et l’évolution des espèces, mais moins directement sur le fonctionnement écologique global du site et sur les leviers d’action associés. Elles permettent par exemple de constater une évolution de la biodiversité, mais pas toujours d’identifier immédiatement si celle-ci est liée à la fragmentation du paysage, à l’artificialisation, à la connectivité écologique, à l’état de la végétation ou à une autre pression.
La donnée biologique est donc extrêmement précieuse, mais elle gagne à être mise en relation avec une lecture du paysage permettant de comprendre où et comment agir.
LA SANTÉ DES SOLS : MESURER LA BIODIVERSITÉ SOUS NOS PIEDS

Une autre approche consiste à mesurer directement la qualité et le fonctionnement biologique des sols. C’est notamment le positionnement de Genesis, qui réalise des prélèvements de terrain puis analyse différents indicateurs physiques, chimiques et biologiques afin d’établir un diagnostic standardisé de santé des sols.
Cette approche permet de produire des KPI très concrets sur des fonctions essentielles : biodiversité du sol, stockage du carbone, rétention de l’eau, fertilité ou encore résilience face aux perturbations. Genesis propose notamment un score de santé des sols permettant de comparer les mesures et de suivre leur évolution dans le temps.
Son principal avantage est de s’appuyer sur une mesure physique réalisée directement sur le terrain, avec des protocoles standardisés, ce qui permet de suivre précisément l’effet de pratiques de gestion sur la qualité du sol.
Sa limite, dans une vision globale de la biodiversité d’un site, est liée à son objet même : le sol n’est qu’une composante de l’écosystème. Une très bonne qualité biologique du sol ne renseigne pas directement sur la connectivité avec les milieux voisins, la fragmentation du paysage, la biodiversité faunistique présente ou le rôle du site comme corridor ou obstacle écologique. De plus, les analyses reposent sur des points de prélèvement : elles donnent une information très précise là où le sol est échantillonné, mais doivent être replacées dans une lecture spatiale plus large pour comprendre le fonctionnement écologique de l’ensemble du site et de son environnement.
La mesure de la santé des sols apporte donc une information particulièrement robuste sur ce qui se passe sous nos pieds ; elle gagne à être croisée avec une analyse du paysage pour comprendre comment cette composante s’intègre dans le fonctionnement global de la biodiversité.
LA TÉLÉDÉTECTION : OBSERVER LE FONCTIONNEMENT ÉCOLOGIQUE À GRANDE ÉCHELLE

Une autre approche consiste à utiliser la télédétection satellitaire pour analyser de manière homogène les caractéristiques écologiques d’un site et de son environnement.
C’est notamment le principe d’Ecoscan, qui exploite les données Sentinel-2, des modèles d’analyse spatiale et des données environnementales complémentaires pour produire des indicateurs sur plusieurs dimensions : occupation du sol, connectivité écologique, état de santé de la végétation et hétérogénéité de la végétation, fragmentation du paysage, proximité des infrastructures ou encore pollution lumineuse.
Son principal avantage est sa capacité à appliquer la même méthode sur un grand nombre de sites, puis à répéter cette analyse dans le temps. Les indicateurs produits sont quantitatifs, reproductibles et spatialisés, ce qui permet de comparer plusieurs implantations entre elles, d’identifier les sites ou secteurs présentant les enjeux les plus importants et de suivre leur évolution d’un exercice de reporting à l’autre.
La télédétection apporte également une information directement exploitable pour l’action. Elle permet de localiser les zones artificialisées, les ruptures de continuité écologique, les secteurs fragmentés, les espaces présentant un potentiel écologique particulier ou encore certaines pressions exercées sur le paysage.
L’objectif n’est donc pas uniquement de produire un indicateur, mais aussi de comprendre où agir en priorité.
Sa limite est complémentaire de celle des approches biologiques : la télédétection ne remplace pas l’observation directe des espèces ni les inventaires de terrain. Elle ne permet pas, à elle seule, de savoir précisément quelles espèces sont présentes sur un site.
En revanche, la télédétection est particulièrement utile dès l’état initial. Elle permet d’obtenir rapidement une vision homogène de l’ensemble des sites, d’identifier les secteurs les plus sensibles et de prioriser les mesures terrain : quels sites investiguer en premier, sur quelles zones concentrer les inventaires et, selon les enjeux identifiés, à quelles périodes intervenir. Elle apporte ainsi une base objective pour construire l’état initial, définir les priorités d’action et alimenter le pilotage de la démarche biodiversité associée à ESRS E4.
Elle joue ensuite un rôle central dans le suivi annuel. En recalculant régulièrement les mêmes indicateurs, il devient possible de visualiser l’effet des actions engagées et de détecter les évolutions du site sans devoir reproduire chaque année l’ensemble des campagnes de terrain.
Les mesures naturalistes ou biologiques restent indispensables pour approfondir certains enjeux, mais elles peuvent alors être réalisées de manière plus ciblée et à des temporalités plus espacées, en fonction des résultats observés par télédétection. La télédétection devient ainsi le fil conducteur du suivi : elle structure l’état initial, aide à cibler les investigations terrain, mesure les évolutions dans le temps et permet d’adapter les campagnes de terrain là où elles apportent le plus de valeur.
Reste une question : concrètement, à quoi ressemble cette approche par télédétection lorsqu’on l’applique à un site industriel ?
CONCRÈTEMENT, QUE PRODUIT ECOSCAN SUR UN SITE INDUSTRIEL ?
Pour illustrer cette démarche, nous vous présentons un extrait des résultats d’Ecoscan appliqué à un site industriel de recherche situé dans le sud de la France.
Cette analyse permet de montrer comment les données satellitaires, les données environnementales disponibles et les différents indicateurs Ecoscan peuvent être combinés pour caractériser l’état écologique d’un site et de son environnement.
Dans le cadre d’une mission opérationnelle complète, cette analyse est naturellement enrichie, dans le respect de la confidentialité de l’entreprise, par les informations fournies par l’exploitant : pratiques de gestion, activités, actions déjà engagées, données terrain disponibles, etc.
Première étape : établir un état initial mesurable.
Pour construire cet état initial, Ecoscan croise plusieurs familles d’indicateurs afin de caractériser à la fois le site et son environnement : occupation du sol, fragmentation du paysage, connectivité écologique, état de santé et hétérogénéité de la végétation, pressions anthropiques ou encore pollution lumineuse.
Ces analyses, issues notamment de la télédétection, sont ensuite complétées par des données environnementales externes : zonages réglementaires, espaces protégés, ZNIEFF, Natura 2000 ou encore données naturalistes historiques disponibles.

Extrait de l’inventaire flore sur le site étudié (tampon de 500 m) (Source des données : GBIF ; IUCN Red List ; CEN PACA)
Ces différentes sources sont croisées afin de confronter l’état observé du site à son contexte écologique et d’identifier ses atouts, ses points de vigilance et ses principaux leviers d’amélioration.
L’objectif n’est donc pas simplement d’accumuler des données environnementales, mais de les transformer en indicateurs mesurables et comparables dans le temps.
UN TABLEAU DE BORD POUR OBJECTIVER LA SITUATION
Sur le site étudié, la fiche de synthèse Ecoscan restitue notamment neuf indicateurs : occupation du sol, fragmentation, connectivité écologique, richesse spécifique, hétérogénéité et état de santé de la végétation, pollution lumineuse, proximité des infrastructures et densité de population.
L’ensemble aboutit ici à un score global Ecoscan de 0,39, calculé à partir des différents indicateurs et de leur pondération. Le rapport positionne ainsi le site parmi les sites industriels de la base de comparaison présentant un fonctionnement écologique plutôt favorable.
Mais le véritable intérêt n’est pas uniquement d’obtenir une note.
Il est de comprendre ce qui se cache derrière cette note et où agir.
L’analyse de l’occupation du sol montre que 44 % de la surface du site est végétalisée. Cette végétation est relativement diversifiée : environ 29 % de formations arborées, 14 % de surfaces prairiales et un réseau de six haies représentant environ 760 mètres linéaires. L’indicateur d’occupation du sol atteint ainsi 0,56 et constitue l’un des points favorables du site.

L’intérêt pour mon reporting RSE est alors de passer d’une appréciation générale : « mon site est plutôt végétalisé » à des KPI quantifiés et cartographiés, calculés selon une méthodologie qui pourra être reproduite l’année suivante et sur mes autres sites.

Cartographie de l’occupation du sol.
En rose, les contours du site ; en rouge, la délimitation du tampon pris en compte (500m).
Voilà déjà un premier KPI que je peux suivre dans mon reporting : si je désartificialise certaines surfaces ou crée de nouveaux espaces végétalisés, cette situation pourra être recalculée et comparée à l’état initial.
MAIS LA QUANTITÉ DE VÉGÉTATION NE SUFFIT PAS
Avoir des espaces verts ne signifie pas nécessairement qu’ils fonctionnent correctement d’un point de vue écologique. Il faut également regarder comment ils sont organisés et connectés au paysage environnant. L’analyse Ecoscan identifie ainsi sur le site des trames verte, orange et jaune et ne met pas en évidence de rupture majeure des continuités écologiques locales. Le site s’insère donc plutôt favorablement dans son environnement.
Cartographie de la Trame Verte, Orange et Jaune sur le site étudié.
DU KPI À L’ACTION : OÙ PUIS-JE RÉELLEMENT AMÉLIORER LA SITUATION ?
L’analyse fait ressortir un secteur en particulier : le parking. Une désartificialisation partielle de cette zone permettrait d’agir simultanément sur plusieurs KPI :
- augmenter la surface d’habitats favorables,
- diminuer la fragmentation,
- améliorer la connectivité écologique,
- et favoriser la gestion des eaux pluviales.

Photographie d’un parking perméable en centre ville. Le parking est réalisé en ecovegetal mousses en 2010 (Source : ecovegetal)
Le rapport ne se contente donc pas de constater une situation. Il hiérarchise également plusieurs actions possibles en fonction du gain écologique attendu et de leur difficulté de mise en œuvre.
La désartificialisation du parking et la diversification des haies ressortent comme les deux premières priorités.
D’autres actions sont également proposées : sensibilisation des collaborateurs, réduction de l’éclairage nocturne, création d’une noue végétalisée ou d’une mare.

Hiérarchisation des actions à mener.
ET L’ANNÉE SUIVANTE ?
C’est finalement ici que l’approche prend tout son sens dans une logique ESRS E4. L’exercice 2025 constitue mon état de référence. Je dispose désormais d’indicateurs associés à une localisation précise et d’actions identifiées.
Si je décide par exemple de désartificialiser une partie du parking ou de diversifier mes haies, je peux ensuite recalculer ces mêmes indicateurs : État initial → action → nouvelle mesure → comparaison.
L’objectif n’est donc plus uniquement de déclarer dans mon reporting que « 500 m² de parking ont été désartificialisés ». Je peux commencer à mesurer ce que cette action a réellement changé dans le fonctionnement écologique du site : occupation du sol, fragmentation, connectivité, état de la végétation, etc. Et si je dois piloter non pas un site mais 50, 100 ou 500 implantations, la même méthodologie peut être reproduite pour constituer progressivement un référentiel commun, comparer les situations et décider sur quels sites concentrer en priorité mes investissements et mes futures campagnes terrain.
C’est cette combinaison entre mesure homogène à grande échelle, expertise écologique et investigations terrain ciblées qui permet de passer d’un reporting ESRS E4 subi à un véritable pilotage de la biodiversité.
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Ecoscan a été développé avec le soutien de :




Cet article a été écrit
par Marie Poret.









